ON NE MAÎTRISE PAS TOUT !
Du besoin de communiquer
Parfois l’art dérange.
La peur, l’effroi, la gêne, ou simplement l’interrogation, sont des perceptions qui habitent les êtres humains en intensités variables suivant l’individu et les évènements. La joie, l’allégresse, le rire et tout ce qui constitue le bonheur, celui-ci compris, sont souvent opposés à la première liste d’impressions, sensations et émotions, précédemment énumérées.
Tous, sont des phénomènes humains communs, agréables ou non.
La peur paralyse, par exemple.
Il est presque vital de la contrer.
Si les mots ne suffisent pas, l’artiste va chercher un relais, un medium, une matière, ceux-ci comme des exutoires, car s’exprimer constitue une arme.
Exutoires, qui prendront une forme ou une autre : une production.
Présenter une de ses productions c’est s’exposer, surtout si celles-ci sont « négatives ». Cela intime un risque d’incompréhension, de refus, voir de rejet ; mais tant qu’elles parlent, tant qu’elles font un cheminement dans l’esprit du spectateur, alors elles continuent leur chemin quelque part…
Ainsi, le créateur se soulage en entamant, en plus, un dialogue avec l’observateur…

Se laisser porter
La création ou plus précisément l’acte créatif, s’accompagne d’une certaine fluidité dans la production, propre à l’art, qui revigore autant qu’elle épuise, libère autant qu’elle enferme, soulage autant qu’elle meurtrit.
L’objet obtenu, n’est pas forcément complet et parfait, il est créé parfois d’un seul jet, sans sens premier évident (ce qui n’enlève aucunement sa puissance et ses valeurs fortes).

Catharsis
Pour Aristote, « la catharsis est l’effet de « purification » produit sur les spectateurs par une représentation dramatique ».
Elle passe par l’identification aux personnages décrit par l’auteur, permet de réagir par transposition à leurs comportements, pour nous former, nous habituer au phénomène.
Regarder quelque chose d’horrible et le supporter permet une prise de conscience, donc une purge des émotions.
À l’inverse, n’existe-t-elle pas aussi pour l’auteur ?

Dialogue avec l’EGO
L’ego, c’est « la conscience et la représentation que j’ai de moi-même en tant que personne ».
Compagnon d’infortune, l’ego, entraîne souvent l’artiste dans un délire inventif. S’il est conscient, le second doit donc apprendre à maîtriser ses idées, à les dompter, à les rationnaliser. S’il ne l’est pas, il sera telle une lame de fond, absorbé, emporté, par son amour propre, imbu de lui-même.
L’artiste travaille et a du travail pour atteindre sa quête, sa rencontre avec lui même, son regard sur sa propre personnalité sans sombrer dans l’égoïsme, se comprendre, produire, dialoguer et communiquer…
Poésie
Catharsis, un mal pour un bien,
catalyse le diable, oui, le mien,
analyse, mon ineffable, non le tiens,
paralyse ton aimable ton, c’est rien.
Communique telles les sirènes d »Ulysse,
sourdes comme les marins qui montent,
aveugles, la grand voile, ho hisse !
Muets goëlands, les aubes de honte.
Ego, nous ne sommes.
Égaux, dans la norme.
Ego, l’être
Égaux, être
Amiel MARTIN

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